
Comprendre
Le cancer du col de l’utérus
Les chiffres clés
- cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde
- 4e
- nouveaux cas dans le monde en 2022
- ≈ 660 000
- des cancers du col sont dus à une infection par le HPV
- ≈ 95 %
- des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire
- 94 %
Estimations mondiales de l’OMS et du CIRC pour 2022.
Le HPV, à l’origine de presque tous les cancers du col
Le col de l’utérus est la partie basse de l’utérus, qui s’ouvre sur le vagin. Le cancer du col se développe lorsque des cellules de cette zone se transforment et se multiplient de façon anormale.
Dans la grande majorité des cas, ces transformations sont provoquées par une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV). Le HPV se transmet lors des rapports sexuels, y compris par simple contact de peau à peau. C’est une infection très courante : la plupart des personnes sexuellement actives y sont exposées au cours de leur vie, souvent sans le savoir.
Bonne nouvelle : dans la plupart des cas, le corps élimine le virus tout seul, sans aucun symptôme. C’est seulement lorsque l’infection par un HPV « à haut risque » persiste pendant des années qu’elle peut entraîner des lésions précancéreuses, puis un cancer.
Une évolution lente… qui laisse le temps d’agir
Infection par le HPV
Très fréquente, le plus souvent sans signe. Elle disparaît d’elle-même dans la majorité des cas.
Infection persistante
Chez certaines femmes, un HPV à haut risque reste présent et modifie les cellules du col.
Lésions précancéreuses
Ce ne sont pas encore des cancers. Le dépistage permet de les repérer et de les traiter simplement.
Cancer
Sans prise en charge, les lésions peuvent évoluer en cancer, généralement au bout de 15 à 20 ans.
Ce qui augmente le risque
Un système immunitaire affaibli
Les femmes vivant avec le VIH ont un risque nettement plus élevé (environ six fois plus, selon l’OMS). Un suivi et un dépistage plus rapprochés leur sont recommandés.
Le tabac
Fumer augmente le risque que l’infection évolue vers un cancer.
D’autres infections sexuellement transmissibles
La présence d’autres infections, comme la chlamydia ou l’herpès génital, peut favoriser l’évolution des lésions.
Les grossesses nombreuses ou précoces
Un grand nombre d’accouchements et une première grossesse à un jeune âge font partie des facteurs associés.
L’absence de dépistage
Ne jamais avoir été dépistée, c’est laisser passer l’occasion de traiter des lésions avant qu’elles ne deviennent un cancer.
Les signes d’alerte
- des saignements vaginaux inhabituels : entre les règles, après les rapports sexuels ou après la ménopause ;
- des pertes vaginales plus abondantes, inhabituelles ou malodorantes ;
- des douleurs persistantes dans le bas du dos, le bassin ou les jambes ;
- un gonflement des jambes ;
- une fatigue importante, une perte de poids ou d’appétit inexpliquées.
Un de ces signes ? Consultez sans attendre.
Ces signes peuvent avoir bien d’autres causes, souvent bénignes. Mais seul un professionnel de santé peut le dire : parlez-en rapidement à un médecin, une sage-femme ou un centre de santé.
Se protéger : vacciner, dépister, traiter
1. Vacciner
La vaccination contre le HPV
- Elle vise en priorité les filles de 9 à 14 ans, idéalement avant le début de la vie sexuelle, quand le vaccin est le plus efficace.
- L’OMS considère qu’une ou deux doses suffisent pour ce groupe d’âge ; le schéma suivi est celui du programme national.
- Les vaccins contre le HPV sont sûrs et efficaces : leur sécurité est suivie de près depuis leur mise sur le marché.
- Renseignez-vous auprès de votre centre de santé sur les campagnes de vaccination en cours.
2. Dépister
Le dépistage régulier
- L’OMS recommande de commencer le dépistage dès 30 ans, puis de le renouveler régulièrement (tous les 5 à 10 ans avec un test HPV).
- Pour les femmes vivant avec le VIH : dès 25 ans, et plus souvent (tous les 3 à 5 ans).
- Le test HPV est la méthode privilégiée. L’inspection visuelle à l’acide acétique (IVA) est largement utilisée en Afrique de l’Ouest, selon les services disponibles.
- Même vaccinée, une femme doit se faire dépister le moment venu.
3. Traiter
Le traitement des lésions précancéreuses
- Une lésion précancéreuse n’est pas un cancer : elle se traite le plus souvent simplement, par exemple en détruisant la zone anormale par le froid (cryothérapie) ou par la chaleur (thermoablation).
- Selon l’organisation du centre, le traitement peut être proposé le jour même du dépistage : c’est l’approche « dépister et traiter ».
- Un suivi est ensuite organisé pour vérifier que tout est rentré dans l’ordre.
Au quotidien, d’autres gestes protègent aussi
- Ne pas fumer, ou arrêter de fumer.
- Utiliser le préservatif : il réduit le risque de transmission du HPV, sans le supprimer complètement.
- Connaître son statut VIH et, si besoin, suivre son traitement.
Les méthodes de dépistage
Test HPV
- Comment ça se passe
- Un prélèvement au niveau du col (parfois un auto-prélèvement vaginal) est analysé pour rechercher les HPV à haut risque.
- Résultat
- Après analyse en laboratoire, ou plus rapidement avec certains tests.
- À savoir
- Méthode recommandée en priorité par l’OMS. Si le test est négatif, l’intervalle avant le prochain dépistage est long.
IVA (inspection visuelle à l’acide acétique)
- Comment ça se passe
- La soignante applique du vinaigre dilué sur le col et observe à l’œil nu si des zones blanchissent.
- Résultat
- Immédiat : vous repartez avec la réponse.
- À savoir
- Simple et peu coûteuse, elle permet de dépister et de traiter dans la même visite, selon les services disponibles.
Frottis (cytologie)
- Comment ça se passe
- Des cellules du col sont prélevées avec une petite brosse puis examinées au microscope.
- Résultat
- Après analyse en laboratoire.
- À savoir
- Méthode historique, qui nécessite un laboratoire et un nouveau rendez-vous pour les résultats.
Dans tous les cas, l’examen ne dure que quelques minutes. Il peut être un peu inconfortable, mais il n’est généralement pas douloureux.
Un objectif mondial : éliminer le cancer du col
- des filles entièrement vaccinées contre le HPV avant 15 ans
- 90 %
- des femmes dépistées avec un test performant à 35 ans, puis à 45 ans
- 70 %
- des femmes présentant des lésions ou un cancer prises en charge
- 90 %
Questions fréquentes
Je n’ai aucun symptôme : dois-je quand même me faire dépister ?
Oui, justement. Le dépistage sert à trouver des lésions qui ne donnent encore aucun signe. Attendre les symptômes, c’est souvent attendre trop longtemps.
Le vaccin contre le HPV rend-il stérile ?
Non. Aucune donnée scientifique ne montre que le vaccin contre le HPV affecte la fertilité. Il est utilisé dans de très nombreux pays et sa sécurité est surveillée en permanence. En revanche, un cancer du col et certains de ses traitements peuvent, eux, compromettre une future grossesse.
Ma fille a été vaccinée : devra-t-elle se faire dépister plus tard ?
Oui. Le vaccin protège contre les types de HPV les plus dangereux, mais pas contre tous. Le dépistage reste recommandé à partir de l’âge indiqué par les soignants.
Est-ce que l’examen fait mal ?
L’examen dure quelques minutes. La pose du spéculum peut être un peu inconfortable, mais l’examen n’est généralement pas douloureux. Vous pouvez demander à être examinée par une femme et à être accompagnée.
Avoir le HPV, est-ce avoir un cancer ?
Non. L’infection par le HPV est très fréquente et disparaît le plus souvent d’elle-même. Un test HPV positif signifie qu’un suivi ou un examen complémentaire est nécessaire, pas que vous avez un cancer.
Après la ménopause, faut-il continuer le dépistage ?
Le dépistage reste utile au-delà de 50 ans, selon vos résultats précédents. Demandez à la soignante jusqu’à quand le poursuivre. Tout saignement après la ménopause doit amener à consulter rapidement.
Le cancer du col se soigne-t-il ?
Oui, surtout lorsqu’il est découvert tôt. Et à un stade précancéreux, les lésions se traitent simplement, avant même qu’un cancer n’apparaisse.
Le dépistage, c’est quelques minutes pour des années de sérénité
Sources
Les informations de cette page s’appuient sur les publications de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC).
- Organisation mondiale de la Santé — Cancer du col de l’utérus, aide-mémoire (s’ouvre dans un nouvel onglet) — OMS / WHO
- OMS — Vaccins contre les papillomavirus humains : note de synthèse (mise à jour 2022) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — OMS / WHO
- OMS — Lignes directrices pour le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus, 2e édition (2021, en anglais) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — OMS / WHO
- OMS — Initiative mondiale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus (s’ouvre dans un nouvel onglet) — OMS / WHO
- Centre international de Recherche sur le Cancer — Global Cancer Observatory, GLOBOCAN 2022 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — CIRC / IARC
Contenu relu le 3 octobre 2026